Que jogam ço qu’em, nous jouons ce que nous sommes.

Ces mots ont été rappelés hier soir par Matèu Baudoin lors du concert d’adieux d’Artùs. La veille, en discutant avec Laurent et Charlotte, de Cerc (centre de creacion musicau), nous avons parlé de leurs difficultés à obtenir leur label national, ralentis qu'ils sont par la DRAC, qui rechigne à valider et financer les “bouseux”, à plus forte raison peut-être s'ils assument et s’appuient sur leurs racines culturelles, leur folklore, ou en novlangage commun leur “patrimoine immatériel”. Fabriquer de l'intelligence loin des capitales, résister à l'hégémonie culturelle centralisée et anesthésiée, reste un rude combat à mener. Bruno et Seb, de l'Envoûtante, on dit la même chose à leur manière, avec la rage clairvoyante et l'intégrité qui les caractérise. Artus idem. Que jogam çò qu'èm, nous jouons ce que nous sommes, a répété Matèu. Avant eux, Maud Herrera, seule avec son violon et sa voix, a joué dans ce même registre. Enraciné et exigeant. Une avant-garde d'arrière-pays. Les racines affleurent au pied des montagnes, elles sont profondes et leur ; ces gens-là nous le rappellent avec vigueur.

Sur Twitter avant-hier a surgi Radical Rural : « Designers des grandes villes, startupers, entrepreneurs de la tech, après avoir fait semblant de vous intéresser à l’éthique et à la santé, vous vous intéressez maintenant à la campagne que vous appelez “ruralité”. ».

La question m’est posée. J’y réponds et j’y ai répondu, et avec moi mes camarades de la Maison des éditions. Sans esbrouffe et sans prétention, travaillant ici avec exigence, rigueur et engagement.

T’aurais pas vu plus loin si t’avais pas regardé si près.

J’aurais appris tant de choses durant cette expérience menée avec Benjamin sur le programme d’accès)s(. Et j’aurais mesuré un peu plus l’étendue de mon inconnaissance d’encore davantage.

Un article sur les dégradés en Python. La librairie Colour en Python. Une commande ghostscript pour passer de RGB à CMJN : gs -o output.pdf -sDEVICE=pdfwrite -r2400 -dOverrideICC=true -sOutputICCProfile=/usr/share/color/icc/Fogra27L.icm -sColorConversionStrategy=CMYK -dProcessColorModel=/DeviceCMYK -dRenderIntent=3 -dDeviceGrayToK=true input.pdf. Une jolie manière de créer des étapes dans un dégradé en Python (et même d’interpoler la suite d’un dégradé). La librairie chroma.js et aussi color.js. Des exemples d’utilisation de filtres SVG pour SVGWrite en Python. L’utilisation de <feTurbulence> pour tenter d’améliorer des dégradés en SVG (pas concluant pour mon cas). Le manuel d’inkscape en ligne de commande.

Bientôt ving-deux heures ; je devrais être en train de mettre la dernière main à la présentation et au texte de ma conférences aux Rencontres de Lure. Mais il semble que je ne sois pas encore bien prêt. Le parcours de l’histoire et de l’actualité du web(design) que j’ai opéré cette semaine était passionnant, mais évidemment, je suis loin d’avoir épuisé le sujet. Parfois, je pense qu’il me faudrait gagner en méthodologie dans cette exploration, travailler à ça de manière plus scientifique. Mais aussi sec, je mets ensemble des bouts de CSS, quelques lignes de javascript ; je fais la cuisine, des trucs avec ma fille, avec mon amoureuse (moins, ces temps-ci — le boulot sur la conférence absorbe tout le temps) ; et je continue à faire des trucs avec les copains. Le Manifeste du Tiers Paysage est bientôt prêt, même si je ne suis pas bien satisfait de l’allure qu’il a.

J’écoute Philip Glass, et c’est toujours aussi précieux pour travailler.

Ce dimanche se termine. Demain, il faudra passer aux choses sérieuses et préparer sérieusement la toute prochaine conférence à Lure.

J’aurais passé beaucoup de temps à résoudre des enjeux techniques mineurs pour accès)s(, qui auront salement grevé la précision du regard porté sur la chose graphique.

Produire des images ou des documents « de manière alternative » n’est pas si compliqué à la condition d’en assumer les conséquences et les limites.

Le regard que je porte sur le web et les choses qui l’entourent est profondément naïf. La confiance que j’ai envers l’opensource, le libre, le partage de la connaissance, l’universalisme fondateur, le libéralisme (aka libertarisme) est d’une nature qui tient de la croyance, de la foi. Grand Dieu ! (qui n’existe pas), c’est bien une des rares fois (est-ce que ce mot se pluralise ?) que je professe.

Profondément naïf : de manière tout à fait volontaire et assumée. Mon inconnaissance, ou l’incomplétude (comment diable en serait-il autrement ?) de ma connaissance des enjeux de ce sujet n’empêche rien. Je choisis parmi les fondements philosophiques, moraux ou politiques de ces technologies d’en garder ce qui me semble être le meilleur, le plus enthousiasmant, le plus émancipateur.

Quelques mots pour garder en mémoire mes errances dans la fabrication de PDFs multicouleurs.

Les outils d’OSP sont une bonne base. À les voir fonctionner en phase préliminaire de tests, on pourrait croire qu’ils sont parfaitement fonctionnels et largement assez robustes pour encaisser les bizarreries que je m’apprêtais à leur soumettre.

Manque de bol, les navigateurs web à partir desquels je tente de produire des images (en l’occurence, des PDFs) imposent une couche de blanc comme « arrière-plan » de la page. Chrome, Edge, Firefox, Chromium dans chacune des nombreuses versions que j’ai tenté d’installer, tous autant qu’ils sont perpétuent le même bug.

J’ai cherché du côté d’electron-pdf, proposé par Lionel ; j’ai tenté avec pagedjs-cli, sans succès. J’ai fouillé dans ghostscript, pdftk, avec des librairies python, testé des trucs en node, écrits en typescript… Rien n’y a fait jusqu’à tomber sur un obscur post sur StackExchange, mentionnant des rechercher/remplacer depuis des pdf « embellis » (rendus « lisibles ») par QPDF. Je n’ai pas encore tout compris, mais ça devrait venir. Un gist du script que j’utilise.

Il semble que les copains belges (Lionel ou Antoine) soient de précieux conseils dans cette errance.

À suivre…

Premiers mots écrits depuis ce nouvel ordinateur et ce nouveau système.

Après quelques frayeurs (disque dur non fonctionnel au premier démarrage), tout rentre progressivement dans l’ordre. Si je me mélange encore un peu les doigts dans l’usage du clavier et l’accès aux caractères spéciaux, je peux désormais retrouver mes apostrophes courbes, tirets cadrations, espaces insécables et autres guillemets.

Je n’avais que trop tardé à franchir le pas du passage à Linux. Pop_Os fournit un environnement qui évite tout heurt dans cette transition. C’est très agréable.

./manage.py migrate_to_kirby prend bien 15 minutes sur ce viel ordinateur, mais permet de migrer la totalité du contenu du vieux site Django d’accès)s( vers un Kirby tout propre. Définitivement, BeautifulSoup est une librairie merveilleuse.

Macron, démission !

Le second tour ?

Le premier m’a également anéanti. J’ai tellement de colère, de tristesse et d’incompréhension. Que Jadot ou Roussel se soient maintenus, que tant de monde, tant de jeunes notamment, n’aient pas voté. Mais surtout qu’une part aussi importante de la population n’ait toujours pas compris la toxicité des deux programmes politiques arrivés en tête.

Je m’étais promis, je l’ai même annoncé à de nombreuses reprises, que je n’irai pas –une troisième p*tain de fois– mettre dans l’urne un bulletin de droite pour nous préserver –chaque fois un peu moins– de l’extrême droite.

Mais plus les jours passent et moins je me sens à l’aise avec ça. Je sais que si le Pen passait, on aurait Macron en pire, mais avec comme effet supplémentaire et immédiat un déferlement de violence crasse envers les étrangers, les musulmans, les français pas assez français. Avec les flics et les fafs comme des balles partout dans les rues. Avec un niveau de violence encore plus abject dans des manifs encore plus interdites. Pareil, mais en pire.

Il y a longtemps, j’ai milité à Ras l’front. J’ai observé Toulon, Vitrolles, Orange, Marignane. Avec Macron, c’est déjà pas bien brillant, mais la culture, avec le FN ? L’éducation ? Pff.. J’ai toujours entendu “le pire n’est jamais certain”. Avec le Pen, il l’est.

Aujourd’hui, je réserve encore ma position pour ce deuxième tour. Ce que m’a fait cette élection, c’est me convaincre de la nécessité de repolitiser les espaces dans lesquels je vis. J’ai bien vu combien broyer du noir dans mon coin ou marcher les mains dans les poches dans de gentils défilés de Verdun à Clemenceau n’avait aucun intérêt. Je vais essayer de me mouiller, sans trop de compromission, j’espère, mais avec la conviction (et c’est une chose qui m’a finalement fait pleinement adhérer à la campagne de Mélenchon) qu’il est contreproductif et délétère de chercher la pureté dans un engagement politique. Oui, LFI est en tête et porte selon moi le meilleur projet (et je suis loin d’être d’accord avec tout). Mais avec les verts de gauche, avec les cocos, les anticapitalistes, avec les syndicats, les altermondialistes et les anars, va falloir se serrer les coudes plutôt que se tirer dans les pattes. Il y a largement plus de proximité entre nous que de différences fondamentales. Surtout si on se compare aux camps d’en face. Bon, en passant, si on peut finir de détruire le PS, j’suis quand-même assez d’accord 😈

Le premier enjeu est d’aller causer à ces gens qui ont pas encore compris ce qu’est Macron, ce qu’est le Pen ; ce sera long, dur et pénible. Aussi, malgré les doutes légitimes, faire campagne pour les législatives. Et fourbir des armes collectives de contestation massive pour résister au tombereau de merde qui s’apprête à se déverser sur nos vies. (J’allais écrire “des armes pacifiques” mais je pense que le recours à des actions radicales, violentes envers les lieux et les symboles du pouvoir et de l’argent, n’est pas tout à fait à exclure.)

I had to, like, open the bruise up, and let some of the bruise blood come out to show them.
— Steve Reich / ubu

Demain ?

Demain, ou presque, je vais voter pour qu’une faille existe dans le mur.

Je vais voter Avenir en commun, France insoumise et Union populaire. Avec comme hypothèse de faire exister une alternative au monde auto-destructeur que nous promettent sans fard la majorité des candidats à la direction des destinées politiques de notre pays. Et notamment les deux qui semblent tout désignés pour le second tour.

J’écoute Jeanne Lee et Ran Blake, The Newest Sound Around, ça fait du bien.

Je suis anxieux, furieux, remué plus que je ne l’aurais souhaité par ces dernières semaines et par la difficulté d’espérer la moindre possibilité, l’infime probablilité d’une fissure dans l’armure de ce système toxique et délétère.

Reclus disait Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Ok, je renonce. Ceinq minutes seulement. Le temps de mettre ce bulletin dans l’urne – et espérer, espérer, que le résultat annoncé, promis et vendu depuis des semaines soit autre.

Espérer qu’existe une alternative, visible pendant quelques jours au moins. La seule (en capacité de s’exprimer) qui propose qu’un demain soit vivable. Qui ose penser l’état du monde et ne se réfugie pas dans le déni. Qui ose quelques objectifs concrets pour bifurquer et trouver des chemins de traverse.

Partiellement et imparfaitement, certes. Le début d’une brèche.

Les camarades de pensée, non-votants ou alter-votants, aussi peu que vous y croyiez, aussi absurde vous semble cette proposition, considérez-la. Le bulletin porte un seul nom, c’est dommage. Je l’aurais bien remplacé par tous les nôtres.

Le camp d’en face est balaise. Les forces de l’inertie ou de la réaction sont puissantes. Mais, si peu que ce soit, un espoir est toujours bon à prendre.

Je viens de découvrir une nouvelle couleur : #decade. C’est un genre de vieux rose, assez pâle, avec des tentations violacées.

Nos tricks et astuces sont étonnants. Empilements et articulations de mini-solutions techniques, de contournements maladroits, de pragmatismes innocents…

Je comprends parfaitement l’approche développée par Antoine dans la réponse qu’il a bien voulu faire à ma question sur comment ses commits se retrouvaient sur Twitter : Publier les commits : git log to RSS. Étonnamment (#oupas), elle ressemble à l’approche que j’ai moi-même mise en œuvre pour publier un flux RSS pour ce micro-blog. Retour à l’envoyeur, c’est suite à sa sollicitation que j’ai créé ce flux.

Pour contribuer à ce partage d’expérience, aussi réduit soit mon lectorat, voici comment j’ai moi-même résolu l’enjeu de la publication d’un flux RSS (ou Atom) à partir de données non structurées.

En effet, ce (b)log consiste en une seule page web, associée au (strict) minimum de CSS, composée manuellement en HTML et fut au départ publiée via FTP. Ce protocole old school avait pour intérêt de ré-expérimenter les mécanismes de publication les plus anciens, frustes et robustes du web. Mais si la composition HTML manuelle me semble toujours digne du plus grand intérêt, redoubler l’écriture du contenu dans un fichier XML (au HTML encodé…) n’est pas souhaitable.

J’ai donc mis en place une petite routine visant à diminuer la friction : me permettant d’accéder plus vite à la prise de note, de publier plus rapidement et d’automatiser la création du flux, tout en conservant le cœur du protocole : écrire en HTML. C’est un script python associé à un alias dans ma console qui se charge de raccourcir le processus, me permettant de saisir log pour éditer le fichier HTML ou log -p pour générer le flux RSS et publier le tout via rsync.

Au cœur de ce processus, la librairie BeautifulSoup permet de parcourir les article, d’en extraire le contenu et la date et de réunir l’ensemble au format xml. Chaque entrée d’un flux RSS doit comporter plusieurs données, et notamment un title, absent des billets publiés ici. Ce problème est résolu grâce à un attribut data-title, saisi dans le code de chaque billet.

La solution d’Antoine pour publier les entrées de flux sur Twitter/Mastodon fait appel aux services d’IFTTT. Solution absolument paresseuse et parfaitement pragmatique, que je vais m’empresser d’adopter.

Le cours de Cultures numériques que je m’apprête à proposer aux étudiant·es de l’ÉSAD s’intitule innocemment Folklore de la zone mondiale, et permet de réunir sous la notion d’autonomie des univers esthétiques aussi distincts que Bérurier Noir et Olia Lialina.

Une autre année. Un autre moi ? (Même pas, surtout pas, c’est seulement pour le jeu de mots.)

Je me retrouve à surfer sur le 1MB Club, a growing collection of performance-focused web pages found across the internet. Avec ses 11.7 KB à ce jour, ce site pourrait être un prétendant sérieux. J’ai même largement le niveau pour atteindre le très select 250kb.club.

J’étais parti pour esquisser un bot Twitter pour les ateliers web de l’ÉSAD Pyrénées. Et là… c’est le drame. Je me retrouve à scroller le fil de cette fin de journée. Un neo-fasciste s’est invité dans la campagne présidentielle ; son premier meeting produit les images claires de la violence qu’incarnent ses partisans. Par ailleurs, un vieux réac, tenant d’une écologie-développement-personnel-zen, ayant réussi le tour de force de dépolitiser et travestir toute l’impeccable logique de la “sobriété heureuse” (se sera-t-il définitivement accaparé ce terme ?) se voit salué par une bonne partie des gens de gauche en qui j’avais encore un peu de confiance.

Ça devient vraiment très complexe, cette histoire de gauche. J’ai le sentiment d’être de plus en plus marginal dans mes idées, là où auparavant, je m’estimais plutôt social-démocrate et plus progressiste que radical. Je me retrouve à affirmer des positions qui (me paraissent de simple bon sens mais…) sont devenues ultra-minoritaires, quasi inaudibles, “islamo-gaucho-wokistes” (horreur, d’écrire ces mots). On trouve toujous plus radical –“pur”– que soi, mais l’odeur du temps est franchement nauséabonde.

J’hésite entre la misanthropie et l’activisme. Trop nombreux·ses ont choisi la première hypothèse. Encore plus nombreux·ses, ont abandonné toute pensée critique.

Un dernier mot sur la gôche. L’échelle électorale n’est pas la bonne pour penser. Elle signale pourtant à chaque occurence une urgence. Sans traîner, il faut se sortir de cette urgence.

J’écoute Bastards, du beau Ophans, bawlers and bastards, du vieux Tom. C’est toujours aussi bon.

J’ai toujours apprécié la différence d’approche que propose la traduction en anglais du terme équilibre : balance. Ce ne semble plus être un état de stabilité, mais un mouvement, une tension dynamique et nécessairement fragile. Ce terme affirme la nécessité d’une action permanente pour que cet équilibre soit préservé. L’équilibriste est un funambule. Si l’abandon et la légèreté sont requis, le qui-vive et le dynamisme sont également nécessaires.

Je relis (plus bas) : « L’expérience ne vaut rien ». J’ai entendu ces jours-ci « L’expérience est une lanterne qui n’éclaire que celui qui la porte », phrase attribuée à Céline (ou à Confucius – d’aucuns se demandent si l’autrice n’en est pas Josiane, la bouchère, ils confondent toujours).

Le syndrome de l’imposteur est toujours vif, et chaque tentative de proposer un nouvel espace de pensée ou de pratique requiert de ma part un surcroit d’efforts dont l’ampleur finit régulièrement par paraitre bien insuffisante et dont l’efficacité reste très relative. Peu à peu, peu ou prou, on se consolide quand même, mais les efforts à déployer sont coûteux.

Retour aux affaires, disais-je. Minuit quarante-trois, et me voilà en train de préparer [j’aimerais bien dire “mettre la dernière main à”, mais ce serait malhonnête] le cours de demain et la proposition de travail pour le semestre de mes chèr·es étudiant·es de 3e année : Micromédia.

Une page se tourne aujourd’hui. Le mouvement fut long et l’énergie déployée conséquente. J’espère que l’espace mental va se ré-ouvrir et que les priorités vont à nouveau pouvoir être choisies plutôt que subies.

L’expérience ne vaut rien. Je me retrouve à nouveau au milieu de la nuit à hésiter sur la meilleure manière de démarrer le cours de Cultures numériques de demain matin.

Aujourd’hui, après une présentation générale des activités du pôle, j’ai tranché dans le vif en proposant une courte introduction à PHP, à l’improviste et sans documentation. J’ai fini par la publier dans l’après-midi.

Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook! Ook? Ook. Ook? Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook? Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook? Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook? Ook. Ook. Ook? Ook. Ook? Ook. Ook? Ook. Ook? Ook. Ook! Ook! Ook? Ook! Ook. Ook? Ook. Ook. Ook. Ook. Ook! Ook. Ook. Ook? Ook. Ook. Ook! Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook! Ook. Ook! Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook! Ook. Ook. Ook? Ook. Ook. Ook. Ook. Ook! Ook. Ook? Ook. Ook? Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook! Ook. Ook. Ook? Ook! Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook. Ook! Ook. Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook. Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook! Ook. Ook. Ook? Ook. Ook. Ook! Ook. Ook. Ook? Ook! Ook. Ook? Ook?

Dimanche matin paresseux. La ville semble endormie.

Dimanche après-midi studieux, qui se poursuit loin dans la soirée.

L’Imperial brown stout de chez Kernel est somptueuse. Cet avis est définitif.

Sept août. De retour aux affaires depuis quelques jours à peine. Après un long break, je retrouve avec un certain plaisir – et une certaine pression – le chemin des activités professionelles.

Depuis le quatorze juin, rien n’a été écrit ici. Vais-je tenter l’exercice du backlog ? Sans doute pas. Cela transformerait cet espace en une archive ré-écrite, alors qu’il n’est jusqu’alors qu’un journal de l’immédiat.

Travailler pour Ypsilon est une joie – et une certaine pression. Les discussions avec Isabella et Pauline me permettent de prolonger l’expérience de Volumes en m’immiscant au cœur du processus éditorial. Pour m’approprier davantage le projet, il faudrait que je me plonge dans la pile de livres que j’ai reçu il y a quelques jours, mais j’ai bien peur de ne pas disposer de suffisamment de temps pour ça.

En train de lire La Mélancolie de celui qui vise juste, chez Monsieur Toussaint Louverture. De toute beauté.

Quatorze juin. Le rythme des jours s’est diablement acceléré, celui du ~log a décru.

Mercredi, départ pour Saint-Étienne.

Belle discussion avec ArthurCahut” de cahut.net, à poursuivre – sans aucun doute.

Gaëlle est passée à la maison pour solliciter S. et lui soumettre son livre. La timeline lursienne est en route, Ypsilon mûrit lentement mais les Têtes de pioches sont en ligne (Citagri stagne un chouïa). De Pau jusqu’à Saint-Étienne, neuf heures de train. Réels.

Perdu des cheveux… Il était temps. Le projet Free the jazz est démarré.

On n’enseigne pas que des techniques, des savoirs, des compétences, aussi complexes et précises soient-elles. On concourt à ce que se forment des individualités dont le monde va bénéficier. Depuis cet espace infime qu’est une école d’art, aussi insignifiant soit-il quand on regarde objectivement les enjeux qui traversent le monde, sont propulsés chaque année des jeunes gens qui veulent parler au monde, qui traceront des signes destinés à signaler de nouvelles directions, à ouvrir des espaces possibles. Il leur faudra signifier, simplifier, donner à lire et à comprendre, mais aussi rendre compte de la complexité, rendre sensibles ses infinies variations, laisser sa place à l’exploration sensible des territoires mutants de la vie qui va, des sociétés en crise, du vivant fragile et des reconfigurations souhaitables du politique.

Quelques semaines déjà que je n’ai pas écrit ici. Le rythme ! Serais-je victime d’extrasystole épistolaire, de fibrillations claviéristes, d’une tachycardie expressive ? Que nenni. Le lieu de mes écrits s’est déplacé, ils sont désormais parfaitement adressés.

Néanmoins, je laisse ici la joie de beaux moments. Hier, l’amie Francesca est passé à la maison puis à l’école pour partager la construction du livre dédié à Typoéticatrac, l’expo de Pierre di Sciullo au Bel Ordinaire en 2017. C’est un beau livre numérique. Si je fus partagé (jaloux ?) qu’il soit un e-pub et pas un livre web, je dois avouer qu’il est très réussi – et pas cher.

Hier soir nuit, j’ai envoyé un e-mail à Vincent Perrottet. Joie ce matin, à peine avant neuf heures, de recevoir son appel. Les amitiés et relations forgées dans le creuset social qu’est le Bel Ordinaire sont diablement solides.

Cet après-midi, galette et kouign amann chez Mam Korydwen, puis visite de l’école avec Lucile.

Et au milieu de la journée, un chouette e-mail d’Arthur, partisan d’un web indépendant et artisanal installé dans les Pyrénées. Hâte de faire plus ample connaissance.

Ici, à ce moment, j’ai écrit un titre : “Powerpoint”, et me suis arrêté là. Je devais bien avoir une idée dans la tête.

Il est vraisembable que je souhaitais garder trace d’une réflexion, au beau milieu d’une semaine de formation à la gestion de projet dans le contexte de la fonction publique territoriale. Je me souvenais de cet article du New York Times, We Have Met the Enemy and He Is PowerPoint. La demande qui nous était faite passait immanquablement par la réalisation de diapos, de slides, d’une présentation. Ô combien ces outils (Powerpoint, Keynote) et cette manière indépassable d’appuyer visuellement un discours sont problématiques. S’en saisir avec élégance et justesse est une gajeure.

Ce drôle de syndrome. Depuis tant d’annes que je parcours –sans assez de rigueur, sans aucun doute– les outils et les enjeux du libre dans ma pratique du design, je flippe ma race – passez-moi l’expression – au moment de préparer un cours qui en parle. D’autres sont tellement plus purs :), plus radicaux, plus compétents, plus engagés…

Il y a quelques jours, en réponse à une question qui m’étais posée, j’écrivais : Professeur de quoi ? J’enseigne (j’essaie) le savoir-(bien-)vivre, la conscience des autres, le regard critique, la lecture du monde, l’écriture du sens, le déploiement de l’imaginaire, l’autonomie fonctionnelle, le travail en commun, et plus marginalement, le design graphique et le webdesign.

Déplaçons donc les espaces d’écriture. La fluidité des internets permet de surfer sur les vagues d’électrons et de dénicher les meilleurs spots. Souvent les outils primaires, malgré leurs défauts restent un dénominateur commun.

Je viens de publier une nouvelle vague release de radicalweb.design. L’ébauche d’une chronologie y est visible.

Ces derniers jours, mon expérience d’écriture s’est déplacée de ce lieu sans adresse précise vers un autre, très “adressé”.

La loi « sécurité globale » a été définitivement adoptée. La loi « climat » est vide de sens. Le projet nauséabond « contre le séparatisme » est désespérant. La réforme de l’assurance-chômage, ou celle des retraites promettent un carnage social. Le « Beauvau de la sécurité » à venir me glace d’avance.

La tâche d’un enseignant est complexe et délicate. On réussit parfois, on se trompe souvent, et on essaie de moins échouer. « Comment faire » reste un sacré mystère.

Tout point de vue un peu sérieux sur l’écologie, la biodiversité ou le changement climatique qui ne remettrait pas fondamentalement en cause les logiques capitalistes et n’embrasserait pas une perspective décroissante me paraît nul et non avenu. Corollaire : tout engagement politique se réclamant de la justice sociale se doit d’absorber pleinement la perspective écologique.

J’ai peur que le titrage synthétique et caché de ces notes ne m’emmène vers des jeux de mots trop approximatifs.

Ce soir, sur les conseils de Jérôme Denis, j’écoute un disque Bongo Joe, mais aussi deux inédits de Kourgane que JMSP nous envoie en contribution à la conversation cromagnons.

Complexification démesurée de mon processus de publication. Je viens de créer un script shell et un script python… Le HTML reste au cœur.

Je dois dire que si Beautiful Soup ne s’était pas appellé ainsi, je ne me serais sans doute jamais lancé dans un tel projet. Dénommer ainsi un parser XML/HTML signale une intérêt portée à l’erreur, un accueil bienveillant de toutes les approximations, qui me parait relever d’une des qualités intrinsèques du web (HTML comme HTTP) : sa tolérance.

À propos de Beautiful Soup. Il faut lire le zine écrit et édité par son créateur, Leonard Richardson. C’est une humble ode au logiciel libre, au partage, et à la bienveillance :

I wrote it to make the world a better place. […] You have power. Use it to make things better.

Quelques minutes heures après,

Congratulations! This is a valid Atom 1.0 feed.

Le flux est donc désormais disponible.

Antoine Fauchié me demande si un flux RSS pourrait être mis à disposition. Son expérience de commits crypto-littéraires est de ce point de vue très inspirante. Un flux écrit “à la main” pourrait relever d’un méta-texte synthétique de chaque note.

Le RSS est un outil brutal et convivial, fondamentalement inscrit dans les logiques d’ouverture et d’échanges du web. Mais j’ai le sentiment que toute complexification technique de ce micro-projet m’écarterait de l’expérience spécifique de l’écriture nativement hypertextuelle qu’est la rédaction en simple HTML.

Il faut bien dire que j’apprécie assez ce langage. Pouvoir distinguer sémantiquement un <i> d’un <em> m’a toujours paru relever d’un niveau d’élégance inestimable.

Une hypothèse serait de conserver la brutalité de l’écriture au sein du document HTML et de déléguer la création du flux à un script dont l’éxécution serait manuelle, périodique ou automatique.

Demain, design libre.

Évidemment, le rythme du (b)log se détend. Il est vraisembable que si Albert de Pétigny ne m’avait pas sollicité, je n’aurais pas mis à jour cet exercice de publication approximatif et minimal qu’est ce (b)log.

Je me suis perdu dans les gloses, notes, annotations et marginalia. Sous le prétexte d’un document technique à destination de mes étudiant·es, je me suis plongé ces deux derniers jours dans le monde fou des notes de bas de page. J’ai eu l’honneur d’en parler – fût-ce brièvement – avec Frank Adebiaye ou Alexandre Laumonier. C’était ici

107 caractères pour la CSS :)

Aujourd’hui, sombres nouvelles à l’école.

Raphaël Bastide fait des rythmes en CSS. Un joli nom, Cascade. [edit: c’est génial…]

Le temps passe et celui des notes se fait plus rare.

Ce matin, un cours important sur le design éthique. Vaste problème. La structure de la séance n’était pas trop mal fichue. Temps de présentation, temps de travail en groupe, temps de restitution / débat collectif. Étonné de voir le peu d’appétit pour ces jeunes gens envers la critique acerbe de @designonethique, que je trouve vivifiante au plus haut point. Nécessaire.

Hier, tard et fatigué, j’ai sollicité Philippe De Jonckheere – dont j’écris désormais le nom sans erreur, du premier coup – et Raphaël Bastide. Inviter des membres éminents de mon petit panthéon personnel à dialoguer avec moi sur les questions qui me traversent est un privilège que l’âge me permet d’atteindre. Un minimum d’audace aurait pu me permettre de le faire plus tôt. Ça vient doucement.

Philippe et Raphaël ont dit oui. Bien sûr. Chouette.

Ce soir, c’est à Design non-éthique que je m’adresse. Et puisqu’iels sont partants pour que je leur pose quelques questions, j’en suis ravi !

J’ai écrit “iels”…

Ce qui advient dans la pratique inclusive de l’écriture est étonnant. Le langage peut être performatif, l’écriture aussi. La conscience permanente de la diversité des personnes à qui l’on s’adresse – quand on écrit “inclusivement” – produit un effet notable dans la pensée même de ce qu’on écrit.

Rendez-vous avec “ma” directrice pédagogique. Un peu foireux dans l’affirmation de mes questions et de mes positions. Rendez-vous utile néanmoins.

Une pause de six jours déjà. Le rythme initial ne peut être tenu sur la distance.

Le site des Arques avance, doucement. Deux exemples sur le site des ateliers web.

Un devis très en retard. Et un autre qui va en prendre.

Aujourd’hui, tôt dans la nuit, en écoutant une vielle conférence de Benjamin Bayart, j’ai entendu parler du RHIEN.

Les participant·es à la formation d’intégration ont progressivement tous·tes coupé leurs caméras. Seul l’intervenant et G. ont conservé la leur allumée. L’image de G. est figée depuis hier. Son regard est concentré bien qu’un peu dans le vague et à peine inquiet. Une lumière extérieure, de trois-quart arrière, traverse le rideau de son bureau et vient éclairer ses cheveux et son visage.

Journée de découverte des réalités de la fonction publique territoriale, par Gilles Guiheux. Traversée de la complexité des différents contextes structurels du territoire, collectivités, métropoles, communautés, DOM, TOM, et de jolis cas particuliers : Clipperton, Wallis et Futuna, Bassas da India. Aussi : décentralisation, déconcentration, égalité, laïcité… et prétendue intangibilité de la logique centralisée du pouvoir en France. Une remarque sur les médias assez étrange, leur position de “tribunal public” feraient d’eux des espaces de lynchage sans retour. Si c’est parfois le cas et qu’on peut le déplorer, j’ai tendance à penser que leur rôle de courroie de transmission sans filtre des pires vitupérations réactionnaires, ou leur attitude de serviteurs de soupes gouvernementales et néo-libérales est bien davantage un problème.

En parallèle, une plongée dans le code d’Ypsilon 😨. Trois-cents dix fichiers PHP de 2011/2012. Parlé de tout ça avec Pauline Nuñez. Très envie de travailler sur ce projet. Il faut que je descende à l’atelier récupérer quelques livres.

Tenter de faire comprendre à Melissa combien publier son propre site web est important. Pré-publier quelques références sur radicalweb.design.

Première journée de bizutage d’intégration à la Fonction publique territoriale.

Un appel à Anita, pour savoir comment se portent les étudiants de 2e année. Initiative un peu incongrue mais rendue nécessaire à mes yeux par la distance considérable que produisent ces cours à cent à l’heure, en sous-groupes, une fois de temps en temps. Comment permettre des espaces de dialogue, d’écoute et de confiance pour autoriser une co-construction des contextes pédagogiques. Cela semble plus que jamais nécessaire.

Sushi et maki maison, puis poire Belle-Hélène sans glace, mais avec Chantilly.

Mise en ligne de FORK et correction de quelques exemples javascript qui requéraient jQuery ou des appels à des CDN. Encore une fois, preuve est faite que la robustesse d’une page web semble liée à son autonomie en termes de ressources et à sa simplicité.

Demain, désintégration ?

Marché/médiathèque du samedi matin. Retour à midi, envie de préciser cette histoire de forks javascript.

Rougail saucisses !

Recevoir des étudiant·es en trois groupes, trois fois une heure, à essayer de répéter trois fois la même chose après avoir passé la soirée et la moitié de la nuit à préparer des supports interactifs, progressifs, dynamiques. En sortir dépité et dubitatif face à la complexité de cet exercice qu’est la transmission de l’entousiasme, des enjeux, de l’intérêt…

Des points & des plans.

Publié Bohèmes, avec bb book A et Kirby. Commencé presque hier, fini aujourd’hui. CSS est un outil tellement rapide quand on fait des choses simples…

Causé avec JMSP, jusqu’à tard, au téléphone.

L’exploration du jour est un générateur de blob en svg. J’y pensais depuis longtemps, n’ai fait qu’adapter en vanilla js un code Angluar (sic) existant, et ce n’est pas encore tout à fait probant.

Je ne sais combien de temps durera mon assiduité à cet exercice du log quotidien, mais j’en entraperçois dès maintenant toutes les vertus.

Recherches autour d’un web useless ou weird.

On continue à s’intéresser aux travaux de Laurel Schwulst, mais il y en a beaucoup trop.

La batterie de l’ordinateur me refuse la station semi-allongée que me propose mon canapé. Mon dos l’en remercie.

Je découvre que David Larlet pour qui j’ai le plus grand respect malgré une tentative de collaboration malheureuse est désormais le développeur de Cafébabel pour qui j’ai travaillé …longtemps.

Douze idées par heure sur RWD. Difficile de toutes les mener à bien en parallèle.

On ne peut pas se balader toute la journée dans l’indieWeb et espérer que Firefox soit réactif face aux 593 onglets ouverts.

Exploration du jour.

Faire trois choses en même temps :

Répondu à une enquête métier sur le webdesign pour une jeune femme suivie par la mission locale de Morlaàs. Signalé que les principales qualités d’un webdesigner pourraient être l’empathie, la curiosité, le travail (et plus tard, la rigueur).

Une hypothèse de recherche–action pour radicalweb.design serait de systématiquement associer à tout travail de lecture/écriture une production pratique et exploratoire du webdesign. Cette émergence de blog en est une.

Tard dans la nuit, un échange avec Thimothé Goguely et Julien Taquet sur la question de la maintenance des sites web: leur durabilité, leur capacité à être maintenus, entretenus, réparés, voire à faire l’objet de migrations ou de refondations.